Sur les 56 édulcorants de table passés au crible dans la base Kiwee, 35 ressortent véganes vérifiés et 21 ne le sont pas. Presque quatre produits sur dix de ce rayon contiennent donc un ingrédient d'origine animale, ou une mention trop floue pour trancher. Pour un produit qui tient dans une boîte de la taille d'un briquet et dont la liste fait trois lignes, c'est beaucoup.
La molécule sucrante est rarement le problème
Le sucralose, l'aspartame, l'acésulfame K ou la stévia sont des ingrédients de synthèse ou d'origine végétale. Ils n'impliquent pas d'animal dans leur fabrication. Sur ce point, le rayon édulcorants est plus simple que le rayon sucre classique, où le sucre blanc et son éventuelle filtration au noir animal posent une vraie question de traçabilité.
Le souci arrive juste après. Un édulcorant intense sucre plusieurs centaines de fois plus que le sucre. Impossible de vendre une poudre pure : il en faudrait quelques milligrammes par café. Les fabricants ajoutent donc un support, une matière neutre qui donne du volume et permet de doser à la cuillère. C'est ce support qui décide du verdict.
Le mot à chercher s'appelle lactose
Dans les poudres et les comprimés, le support est parfois du lactose, un sucre issu du lait. Il est classé végétarien et non végane. On le trouve aussi sous la forme de lactitol (E966), fabriqué à partir du lactose, donc logé à la même enseigne. Les autres supports courants, maltodextrine, dextrose, amidon, ne posent aucun problème.
Ça donne une règle de lecture simple. Tu ne lis pas la face avant, tu lis les deux ou trois ingrédients qui suivent l'édulcorant dans la liste. Si le mot lactose n'y est pas, le produit a de bonnes chances de passer. Le format poudre en sachet, lui, joue souvent avec de la maltodextrine et se retrouve régulièrement du bon côté.
La poudre sucralose de Canderel illustre bien ce cas de figure : la formule tient en une poignée d'ingrédients et le verdict se joue entièrement sur le support.
Les marques distributeur ne sont pas systématiquement moins fiables
Sur ce rayon, l'écart entre marques nationales et marques de distributeur ne saute pas aux yeux. Carrefour, Prix Mini, Canderel et Merisant produisent tous des références qui passent et des références qui coincent, selon le format et la recette. Le prix ne dit rien du verdict. Le nom sur la boîte non plus.
L'édulcorant de table au sucralose de Carrefour montre à quoi ressemble une formule dépouillée, où la question du support se règle en une ligne.
Quand deux produits d'une même marque portent presque le même nom, prends l'habitude de comparer les codes-barres plutôt que les emballages. Chez Canderel, entre la poudre, les comprimés et la gamme Sugarly, ce sont trois formules différentes derrière un même univers graphique. La recherche par produit sert exactement à ça.
Comprimés, poudre, liquide : trois recettes différentes
Le format change la composition. Un comprimé a besoin d'un liant et d'un agent d'écoulement pour tenir et sortir du distributeur. Une poudre a besoin d'un support en volume. Un liquide n'a besoin ni de l'un ni de l'autre, juste d'eau, d'un conservateur et parfois d'un arôme. Sur les formes liquides, la liste est souvent la plus courte du rayon.
Sugarly, dans la gamme Canderel, fait partie de ces références où il vaut mieux vérifier la ligne d'ingrédients que se fier au souvenir qu'on a d'un autre produit de la marque.
Reste le cas des arômes. La mention « arôme » ou « arôme naturel » ne précise jamais son origine sur l'étiquette. C'est une des rares zones grises de ce rayon, et elle se traite au cas par cas, comme on l'explique dans notre méthode de verdict.
Le réflexe kiwee
Le réflexe kiwee : dans ce rayon, ne scanne pas la gamme, scanne la boîte que tu as en main. Deux formats de la même marque peuvent donner deux verdicts opposés, et le scan te répond avant que tu aies fini de retourner l'emballage.
Si tu veux t'en passer un jour sur deux, entraîne-toi à la lecture rapide. Sur un édulcorant de table, la liste complète tient en cinq ingrédients maximum. Tu repères le support, tu vérifies l'absence de lactose ou de lactitol, tu regardes s'il y a un arôme non précisé. Trente secondes, comme pour n'importe quelle étiquette, et tu reposes la boîte en connaissance de cause.